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- Exposition personnelle de Nikolas FOURE -

Vues de l'exposition Big Data - Photographies Audrey Pédron

“À chaque ruée vers l’or son lot de fortunes, son lot de barbaries. Qui en est sorti enrichi, les poches pleines d’un peu plus que de la poudre aux yeux ? Quelques orpailleurs partis à la conquête de l’Ouest, encore moins les Indiens qui ont arpenté la Piste des larmes, mais davantage ceux qui avaient flairé le véritable filon : l’économie parallèle impulsée par l’afflux des chercheurs d’or. Aujourd’hui, la Silicon Valley se voit colonisée par des chercheurs en quête d’un or d’un tout autre type : le big data. À mesure que nos vies se résument à des traces encodées en langage binaire, elles tendent à être confondues avec ce dernier. L’outil utilisé pour la besogne s’est fait oublier et son appartenance au monde humain est alors masquée. Cette appartenance peut être dévoilée dans l’œuvre d’art.

[...]

Dans le travail de l’artiste Nikolas Fouré, point de formes, de gestes médiatisés par ordinateur et c’est en cela que l’on peut percevoir le fond originel d’où peut surgir une logique numérique, semblable et différente. Mais là où le code informatique peut intensifier la reproductibilité et l’uniformisation, ce qui se manifeste à travers le dispositif de l’artiste – par ressassement et expérimentation de la multitude – c’est le goût de la perte, du renversement des repères. Alors que nos interfaces numériques ne nous laissent percevoir que des écrans lumineux et que nous perdons l’intuition du code informatique, nous faisons avec Nikolas Fouré l’expérience sensible d’un mécanisme. Dessins comme sculptures relèvent de la trace, du performatif archivé. Avis aux hackers !”

Irma Sweitz

Pour le texte dans son intégralité cliquez ici ...


Tag, 2013, sculpture
contre-plaqué, colle, étain
20x20x105cm

"Chaque jour, nous générons 2,5 trillions d’octets de données. A tel point que 90% des données dans le monde ont été créées au cours des deux dernières années seulement.
Ces données proviennent de partout : de capteurs utilisés pour collecter les informations climatiques, de messages sur les sites de médias sociaux, d'images numériques et de vidéos publiées en ligne, d'enregistrements transactionnels d'achats en ligne et de signaux GPS de téléphones mobiles, pour ne citer que quelques sources. Ces données sont appelées Big Data ou volumes massifs de données. ”

Extrait d’un texte publicitaire d’IBM.

Réticules, 2013, sculpture
étain, pmma noir, chêne
50x50x90cm

 
Macroprocesseur, 2013, sculpture murale
pmma translucide  
80x1x80cm 

                      
Echelle, 2012, dessin
marqueurs fluos sur papier
200x25cm

Exposition personnelle de Nikolas Fouré
Du 31 mai au 6 juillet 2013

Des ballots de papiers et de cartons ficelés, alignés devant la porte d’un quelconque local industriel, posés sur un macadam luisant... Du fait de l’absence de tout autre objet dans le plan, pas moyen de mesurer l’échelle de ces ballots. L’inscription BIG DATA en épaisses lettres bleues barre l’image dans toute sa largeur. Et saute au visage du regardeur. Un double effet de masse est ainsi produit, l’absence d’échelle donnant au mot BIG toute sa force ainsi que l’épaisseur des lettres. C’est un univers d’où toute allusion au vivant est exclue, ni figure humaine, ni le moindre végétal. La composition de l’image lui confère ainsi une force inquiétante, pour ne pas dire menaçante.

Mais l’image ne joue pas que sur cet effet de masse. Plus subtilement elle suggère une opposition entre le passé et le présent : car si les ballots de papier sont effectivement “big”, ils sont le symbole d’un monde en voie de disparition, celui de l’archivage papier, au profit des “Big Data”, ces volumes massifs de données qui depuis deux ans submergent les serveurs informatiques, lançant aux chercheurs et aux industriels de nouveaux défis de gestion.

Ainsi se présente le carton d’invitation de la première exposition de Nikolas Fouré à la Galerie des petits carreaux. Telle est également la problématique que nous propose l’artiste à travers sculptures, dessins et photographie.

Christine Benadretti

Annélides Pong, 2013, sculpture                        
Balles de ping-pong (4000), colle elastomère      
190x110x80cm                                                    

Hypertexte (Le Nouveau Petit Robert 1996), 2013, dessin
encre de chine sur papier
218x148cm

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