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C'est tout Y

Exposition d'Yvan Le Bozec

Du samedi 15 septembre au samedi 10 novembre 2012
Vernissage le samedi 15 septembre de 18h à 21h

A l’occasion de son exposition C’est tout Y à la Galerie des Petits Carreaux Yvan Le Bozec recouvre la parole et retrouve la lettre. Notamment dans Espèce de... une série en manière d’autoportrait. Série, dont la matière première constituée de lavettes, se déploie en une cinquantaine d’exemplaires possédant leur propre autonomie. Chacune de ces lavettes est travaillée en légers rehauts de blanc.
Tout y est, goût de l’objet et de la langue populaire, économie des moyens, et distance ironique ...



L’exposition sera également l’occasion de retrouver avec bonheur ce qui constitue la fondation même de tout le travail à savoir les dessins A4, présents à l’œuvre depuis la fin des années 80.

Les amateurs des dessins de Le Bozec se reconnaissent à ce qu’ils ne communiquent que par le rire ou le sourire, car il faudrait être bien poète pour les traduire en mots. On se risque plutôt à montrer ses préférés, et l’autre opine du chef par cette complicité secrète que l’artiste parvient à entretenir.
Gaël CHARBAU

Peintures sur toile et papier complèteront cet ensemble ludique pour une nouvelle visite de ce qui constitue l’univers singulier de cet artiste.


L’expérience d’art de Le Bozec emprunte assez largement la voie de la peinture et du dessin, accessoirement de la vidéo et de quelques autres outils dont la mise en espace et exceptionnellement, le design. Par ces moyens, et mine de rien, il s’attaque aux grosses questions : celle du médium, et en particulier concernant l’état présent de la peinture, celle de la position de l’artiste par une conception assez personnelle de l’autoportrait, celle aussi du ton, de la tonalité particulière que revêt toute posture quand elle s’avère, au-delà des apparences auxquelles il tient, aussi globale et conséquente.
Jean- Marc HUITOREL

"Artiste typographe, artiste funambule, équilibriste du sens et de la forme, Yvan Le Bozec propose un voyage au pays des mots et des signes. Jongleur de rimes autant que peintre, il propose un travail autant ludique que formel." Il ne peut s’empêcher de peindre sur les murs des galeries le Y de son prénom. Autant identitaire que revendicative cette façon d’opérer ne se prend jamais au sérieux, et s’exprime toujours à travers l’humour et le jeu de mots.
Lorsque l’on débute son parcours artistique, on peut se fixer des limites et des contraintes. Celles d’Yvan consistaient à utiliser seul, le papier et la plume. Peut être l’expliquera-t-on par les liens étroits qu’il a entretenu avec l’écriture, que se soit comme journaliste ou comme directeur d’une petite publication, LHULUBERLU. Sur la trace de nombreux artistes parmi lesquels on compte Paul Klee, Jean Dupuy, Jaques Rouxel, Yvan Le Bozec est souvent qualifié « d’artiste typographe, équilibriste du sens et de la forme ». Pour preuve, il manie le trait avec finesse et dextérité.
Ses dessins sont peuplés de formes triangulaires et du monogramme Y. Ces derniers relèvent à la fois du signe de reconnaissance et de signature. L’ensemble constitue son autoportrait. Peut-être est-ce l’influence de la culture de l’affirmation de soi enseignée par Bernard Lamarche-Vadel aux Beaux-Arts de Quimper lorsque Yvan y étudiait. Dans ses peintures circulaires, le Y devient motif. Yvan y voit la représentation d’un Homonculus. Du latin « homo » = homme, et « culus » qui amoindrit le sens du mot auquel il est rattaché. Portrait miniature de l’Homme, ce petit être serait une création des alchimistes qui aurait pour but de semer le trouble parmi les hommes. En clin d’œil à la vidéo exposée lors de l’Appel de la Mariée en 2005, Yvan reprend la ritournelle. Cette fois-ci il s’agit de l’Internationale. Celle-ci est activée en pédalant sur un vélo relié à une petite boite à musique. La vidéo adjacente montre l’artiste dans l’effort, tel un coureur cycliste à l’entraînement, à la différence près, Yvan actionne un mécanisme musical vêtu d’un frac. En choisissant, une référence au cyclisme, Yvan renvoie à l’image de la performance solitaire et crée un parallèle entre l’artiste et le Surmâle d’Alfred Jarry. Si on ne devait retenir qu’une chose de l’œuvre d’Yvan Le Bozec, ce serait qu’elle porte en elle la bonne humeur tant par la drôlerie du trait que par celle de la situation.

Nadège MARREAU