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Exposition de Joachim MONVOISIN

Vernissage samedi 12 janvier  de 18h à 21h
Exposition du 12 janvier au 23 février 2013

Youpi banga et compagnie

En cette année 2012 -2013,  Joachim Monvoisin se place dans les starting-block.
Deux événements viennent propulser sa création. Résident à La Galerie 40 mcube de Rennes, Il dispose d’un atelier pendant un an et la Galerie des Petits Carreaux de Paris lui propose sa 1ère exposition personnelle. Autant d’atouts mettant le pied à l’étrier.

Joachim aime se promener dans son enfance. Capable de pratiquer plusieurs médias, il passe du dessin à la vidéo, de la sculpture à la peinture selon la confiture. Sans avoir l’air, ses dessins voient loin. Quand un ballon jaillit dans la feuille, celui-ci représente aussi le monde, cette boule avec laquelle l’homme jongle.
Son autoportrait en sportif, genre gros bras, muscle d’abord le ridicule.
A la recherche d’humanité, ses animaux esquissent un sourire, jettent un regard familier, ou prennent une de nos postures. Ils implorent le rouleau compresseur, nous touchent plein cœur. Ses plantes au statut de meubles Ikéa s’ennuient ici-bas.
Malgré tout, entre la chèvre et le chou, toutes ces grimaces trouvent grâce.

Quand il saute de la miniature au grand format, la feuille de bois remplace celle de papier.  Alors, il gare ses crayons, s’arme d’une scie sauteuse. Avec cet instrument hurlant comme une sirène, il fait remonter du fond des temps un dinosaure qu’il amarre à l’enfance,  un jouet comme référence. Par un principe de puzzle 3D, l’animal atteint sa taille réelle.

Illusionniste à sa manière, Joachim truque savamment les cartes, avec des matériaux décalés il perturbe notre perception. Le réel perd ses repères nous faisant du même coup perdre les nôtres. La dérive mène ses préoccupations jusqu’au loufoque. Passé maître de l’absurde, il cogne sur des pas grands choses réveillant notre plaisir. Quand les petits riens font du foin,  ça fait le plus grand bien. Cependant le tintamarre reste à l’écart, car chez lui la poésie s’invite et le rire se limite au sourire, signe de complicité.

Ses pièces sont plus bavardes, moins approximatives qu’il n’y paraît. Dans la vidéo, costumé en  streaker, c’est à dire nu brandissant un feu de Bengale, il traverse le paysage sur une distance égale à la longueur d’un terrain de football. Ce type d’action perturbe ici un autre match, celui de l’homme contre le paysage. Les proportions de la palette en granit respectent aussi celles du modèle, mais celle-ci devra être manipulée avec le plus grand soin, son matériau, son poids la rendant extrêmement fragile, ce qui est le comble pour cet objet. Même les simples vibrations lors du transport peuvent être fatales. Toutes ses œuvres font histoires, elles ont un parcours de vie.

Avec Joachim, tomber dans l’enfance est signe de santé. Par ses pirouettes, il nous aère la tête. Youpi banga banco ?

Jean Yves Brélivet

 

Vues de l'exposition Youpi Banga

  

"Rocaille" béton - 85,5x10x7cm -2013                  "El Pistoletto Laser" résine - 20,5x14x2,5cm -2012

 "Renversement de situation" résine peinte - 155x123x94cm -2012
 

Vue de l'exposition Youpi Banga (photographies Audrey Pédron)